Absences et congés

Arrêt maladie d'un salarié : obligations de l'employeur, indemnités et maintien de salaire

Illustration : un calendrier dont plusieurs jours sont barrés, à côté d'une croix médicale
L'essentiel

Le salarié doit transmettre son arrêt à l'Assurance maladie et à son employeur sous 48 heures. L'employeur signale l'arrêt en DSN dans les 5 jours, ce qui permet le calcul des indemnités journalières (IJSS), versées après un délai de carence de 3 jours. Si le salarié a au moins un an d'ancienneté, l'employeur doit compléter ces indemnités : c'est le maintien de salaire, à 90 % puis 66,66 % de la rémunération brute, après 7 jours de carence, sauf convention collective plus favorable. Avec la subrogation, l'employeur verse le salaire et perçoit lui-même les IJSS.

Sommaire
  1. Déclarer l'arrêt : qui fait quoi ?
  2. Les délais à respecter
  3. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)
  4. Le maintien de salaire par l'employeur
  5. La subrogation
  6. L'incidence sur le bulletin de paie
  7. Arrêt maladie et congés payés
  8. Les points de vigilance
  9. Questions fréquentes

L'arrêt maladie est l'évènement le plus fréquent de la vie d'une paie, et l'un des plus techniques. Entre les indemnités de la Sécurité sociale, le complément employeur, la convention collective et les éventuelles garanties de prévoyance, le calcul croise plusieurs règles. Voici le déroulé, étape par étape.

Déclarer l'arrêt : qui fait quoi ?

L'arrêt est prescrit par un médecin, le plus souvent de façon dématérialisée. Le salarié doit ensuite :

  • transmettre l'avis d'arrêt de travail à sa caisse d'Assurance maladie ;
  • informer son employeur et lui adresser le volet qui lui est destiné, pour justifier son absence.

L'employeur, de son côté, transmet à l'Assurance maladie les informations nécessaires au calcul des indemnités journalières. Aujourd'hui, cette « attestation de salaire » prend la forme d'un signalement d'arrêt de travail en DSN. Voir notre article sur la DSN.

Les délais à respecter

QuiQuoiDélai
SalariéEnvoi de l'arrêt à l'Assurance maladie et à l'employeur48 heures
EmployeurSignalement de l'arrêt de travail en DSN5 jours
EmployeurSignalement d'une reprise anticipée5 jours
EmployeurOrganisation de la visite de reprise après un arrêt pour maladie non professionnelle d'au moins 60 joursDès la reprise, au plus tard dans les 8 jours

Un signalement tardif retarde le versement des indemnités au salarié, ou à l'employeur en cas de subrogation. C'est le premier point à sécuriser.

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)

L'Assurance maladie verse des indemnités journalières au salarié qui remplit des conditions minimales d'activité (durée de travail ou montant de salaire cotisé sur une période de référence).

  • Délai de carence : les IJSS sont versées à partir du 4e jour d'arrêt. Les 3 premiers jours ne sont pas indemnisés par la Sécurité sociale.
  • Montant : 50 % du salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 mois précédant l'arrêt (total divisé par 91,25).
  • Plafond : depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le SMIC mensuel.
  • Fiscalité : les IJSS supportent la CSG et la CRDS et sont, en principe, imposables.

Exemple : un salarié payé 2 400 € brut par mois depuis plus de 3 mois. Salaire journalier de base : 3 × 2 400 / 91,25 ≈ 78,90 €. IJSS brutes : 50 %, soit ≈ 39,45 € par jour. Pour un arrêt de 10 jours, 7 jours sont indemnisés après la carence : ≈ 276,15 €.

Le maintien de salaire par l'employeur

Le Code du travail oblige l'employeur à compléter les IJSS, sous conditions. Le salarié doit notamment :

  • justifier d'au moins un an d'ancienneté ;
  • avoir transmis son arrêt dans les 48 heures ;
  • être pris en charge par la Sécurité sociale ;
  • être soigné en France ou dans un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen.

Le maintien légal démarre après un délai de carence de 7 jours (sauf accident du travail ou maladie professionnelle). Il garantit d'abord 90 % de la rémunération brute que le salarié aurait perçue, puis 66,66 %, sous déduction des IJSS et des éventuelles indemnités de prévoyance financées par l'employeur.

AnciennetéJours à 90 %Jours à 66,66 %
1 à 5 ans3030
6 à 10 ans4040
11 à 15 ans5050
16 à 20 ans6060
21 à 25 ans7070
26 à 30 ans8080
31 ans et plus9090

Durées d'indemnisation légales, appréciées sur 12 mois. De nombreuses conventions collectives prévoient des règles plus favorables : carence réduite ou supprimée, maintien à 100 %, ancienneté requise plus courte.

La convention collective est donc décisive : c'est souvent elle, et non la loi, qui fixe le niveau réel du maintien.

La subrogation

Avec la subrogation, l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt et perçoit directement les IJSS à la place du salarié. Le salarié n'a pas d'avance de trésorerie à faire et reçoit une paie « normale ». La subrogation est facultative, sauf si votre convention collective l'impose. Elle suppose un suivi rigoureux : rapprocher chaque mois les IJSS reçues des montants attendus, et régulariser les écarts.

L'incidence sur le bulletin de paie

Un mois d'arrêt se traduit sur le bulletin par plusieurs lignes :

  • l'absence, déduite du salaire selon la méthode retenue (heures réelles, jours ouvrés…) ;
  • le complément employeur (maintien de salaire), soumis à cotisations comme un salaire ;
  • en cas de subrogation, les IJSS, qui ne supportent pas les cotisations sociales mais la CSG et la CRDS, et qui entrent dans le net imposable ;
  • le cas échéant, les indemnités de prévoyance, dont le traitement dépend du financement du contrat.

Pour bien lire ces lignes, consultez notre guide comment lire une fiche de paie.

Arrêt maladie et congés payés

Depuis la loi du 22 avril 2024, un salarié en arrêt maladie d'origine non professionnelle acquiert des congés payés, à raison de 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par période de référence. L'employeur doit l'informer, après son retour, de ses droits à congés. Les règles sont détaillées dans notre article sur les congés payés.

Les points de vigilance

  • vérifier les dispositions de la convention collective avant tout calcul ;
  • suivre les arrêts successifs : la carence et les durées de maintien s'apprécient sur 12 mois ;
  • déclarer le sinistre à l'organisme de prévoyance lorsque le contrat le prévoit ;
  • organiser la visite de reprise lorsqu'elle est obligatoire ;
  • en cas d'arrêts répétés ou de doute, l'employeur peut demander une contre-visite médicale.

Chez Codex RH, la gestion des arrêts de travail fait partie du traitement de la paie : signalements, calcul du maintien selon votre convention, subrogation et rapprochement des IJSS. Découvrez notre accompagnement paie.

Questions fréquentes

Combien de jours de carence pour un arrêt maladie ?

La Sécurité sociale applique 3 jours de carence avant de verser les IJSS. Le maintien de salaire légal de l'employeur démarre, lui, après 7 jours de carence, sauf convention collective plus favorable.

L'employeur est-il obligé de maintenir le salaire ?

Oui, si le salarié a au moins un an d'ancienneté et remplit les conditions légales. Le maintien est de 90 % puis 66,66 % de la rémunération brute, sous déduction des IJSS, pour des durées qui augmentent avec l'ancienneté.

La subrogation est-elle obligatoire ?

Non, sauf si la convention collective l'impose. Elle permet à l'employeur de verser le salaire et de percevoir directement les IJSS.

Un salarié en arrêt maladie acquiert-il des congés payés ?

Oui. Depuis la loi du 22 avril 2024, il acquiert 2 jours ouvrables par mois en cas de maladie non professionnelle, dans la limite de 24 jours par période de référence.

Confiez votre paie à Codex RH

Signalements dans les délais, maintien de salaire selon votre convention, subrogation et suivi des IJSS : la gestion des arrêts de travail fait partie de l'accompagnement Codex RH.

Sources officielles

Informations vérifiées à la date de mise à jour indiquée. Les règles de paie évoluent régulièrement et votre convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables : vérifiez toujours votre situation ou faites-vous accompagner.

Votre devis de paie en 48 heures.

30 minutes d'échange, une proposition écrite et chiffrée, aucun engagement. Vous comparez en connaissance de cause.

Obtenir mon devis